Première réunion de création de la monnaie complémentaire à Bangladesh Kenya

Bangladesh est un bidonville d'environ 20 000 habitants et 300 entreprises, près de Mombasa au Kenya - voir carte. Notre première réunion dans le bidonville a eu lieu le 29 novembre 2012. Une église locale et un groupe de jeunes nous ont permis de recruter les entrepreneurs locaux pour cette réunion, en les invitant à un atelier de 2 h sur la mise en réseau de leurs entreprises. Will Ruddick l'a facilité avec l'aide d'Alfred Sigo, un jeune formé pour l'occasion. Les objectifs de cette réunion était : 1. Évaluer l'intérêt des entrepreneurs locaux pour les monnaies complémentaires (de type crédit mutuel). 2. Identifier les avantages et les défis d'une monnaie complémentaire. 3. Réfléchir sur le rôle des échanges et de l'argent dans le quartier : réalité, défis et avantages. 4. Identifier et visualiser les réseaux existants entre les commerçants du bidonville. 5. Planifier les prochaines étapes.

Participation (32 entrepreneurs):

  • Nourriture (produite localement ou pas) (17) : Poulets, cacaouettes, légumes verts, popatates, choux, céréales (millet, soya, maïs, amaranthe), poisson, avocas
  • Plats cuisinés (3) : Restaurants, soupe, porridge, maïs cuit, frites
  • Vente au détail (8) : Charbon, bazars, vêtements d'occasion
  • Services (3) : Salons de coiffure et cordonnier
  • Vendeur d'eau (1)

Les participants ont été invités à s'inscrire à leur arrivée en précisant leur activité (ce qu'ils vendent). 10 cartes leur ont été remises à chacun avec le chiffre 10 inscrit dessus : à la demande des organisateurs, ils y ont rajouté leur nom et un article qu'ils vendent pour 10 shillings. Un facilitateur a également inscrit le nom et l'activité de chaque participant sur un tissu accroché au mur. Première activité : simulation de troc Les participants ont identifié d'autres commerçants chez lesquels ils avaient l'habitude de faire des achats. Ils échangèrent chacun leurs 10 cartes en s'assurant d’acquérir des choses qui leur convenaient. Après environ 5 minutes, chaque participant était en possession d'un nouvel assortiment de cartes avec les noms et les biens ou services échangés contre les siens. La discussion qui a suivi, mit en lumière les défis présentés par le troc dans le quartier.

Défis

  • Trop faible diversité de biens et de services
  • Certains éléments ne peuvent pas être vendus pour 10 shillings. (problème de correspondance et d'uniformisation des prix)

Avantages

  • c'est utile en cas de surplus de certains biens, surtout à des moments pendant lesquels ce bien est très abondant.
  • c'est utile car parfois l'argent manque pour faire des achats.
  • ça permet d'épargner l'argent.

Deuxième activité : simulation d'échanges avec de l'argent Pour cette deuxième simulation, les participants récupèrent leurs cartes de biens et services. En plus, ils reçoivent 10 petites cartes rondes et dorées représentants des pièces de 10 shillings chacune. Ils sont invités à vendre tous leurs biens et services et également de dépenser tout leur argent. Après 10 minutes les résultats étaient très intéressants. Certains participants n'ont gardé que des pièces, tandis que d'autres n'ont que des biens et services et d'autres encore 10 nouveaux biens et services et 10 pièces. Une discussion a permis de dégager les avantages et les défis des échanges avec de l'argent dans le quartier. Défis

  • Les gens veulent économiser de l'argent pour faire des achats à l'extérieur du bidonville.
  • Cela crée des inégalités économiques, car certains deviennent riches et d'autres pauvres. Parce que certains sont meilleurs en affaires que d'autres.
  • Cela provoque des achats compulsifs.
  • Cela peut entraîner des pertes si la demande des clients dépasse l'offre des commerçants.
  • Dépenser plutôt qu'économiser l'argent.
  • L'argent doit être caché des voleurs et de la famille.
  • L'argent n'est pas toujours disponible, surtout pendant certaines saisons.

Avantages

  • L'argent permet les profits
  • Chaque chose peut avoir un prix clair et spécifique
  • L'argent est facile à transporter et évite de déplacer les biens tels que les poulets
  • L'argent est accepté partout et tout le temps.

Troisième activité : visualisation du réseau La dernière activité était pour chaque entrepreneur d'en identifier 3 autres auxquels ils achètent chaque semaine des biens et services dans le bidonville. Ensuite, chacun a matérialisé ces liens sur le tissu mural afin d'y dessiner le réseau. Cette activité a révélé la multiplicité des interconnections et a ouvert une discussion sur l'importance des échanges dans le bidonville. Discussion: monnaie complémentaire La monnaie complémentaire a été présentée à ce moment de la réunion comme un moyen pour maintenir certains avantages du troc et de l'argent. Le groupe a adopté l'idée et baptisé la monnaie complémentaire le 'Bangla' – abréviation de Bangladesh, leur façon d'appeler le bidonville. La monnaie complémentaire est décrite comme du crédit mutuel, chaque entreprise, après satisfaction de certains critères, recevant des bons valables dans tout le réseau. Les entreprises recevant des Bangas devront en accepter autant qu'elles en dépensent, afin de toujours revenir au montant initial. Deux problèmes ont été discutés :

  • Le cas de quelqu'un qui dépense tous ses Bangas sans en accepter pour la vente de ses biens ou services.
    • Les participants identifient des garants comme une bonne solution. Avant d'être accepté dans le réseau d'entreprises et de recevoir des Bangas, chaque entreprise doit avoir 5 autres entreprises qui se portent garantes pour elle et qui s'engagent à dépenser et recevoir des Bangas avec cette entreprise.
  • Le cas de quelqu'un qui accepte les Bangas mais qui ne les dépense pas.
    • La solution avancée est un chargé de projet qui encourage et montre aux membres du réseau comment dépenser leurs Bangas quotidiennement.

De plus, la discussion a révélé les défis suivant avec le mode de monnaie complémentaire proposé : Défis :

  • La confiance pour faire partie du réseau du Banga. Les entreprises doivent être locales, avec 5 autres entreprises qui se portent garantes.
  • Crainte de faillite du système si certaines entreprises arrêtent d'accepter le Banga. Besoin d'un grand nombre d'entreprises (plus de 200) et de diversité.
  • Le Bangla ne permettra pas de développer une entreprise comme avec un prêt. C'est au contraire de l'argent pour les dépenses quotidiennes permettant d'épargner la devise nationale.
  • Le vol – comme pour de l'argent ordinaire. L'idée d'utiliser les téléphones portables pour échanger les Banga est très bien accueillie par tous.
  • Les entreprises membres du réseau ont besoin d'être repérables par tous.
  • Les participants aimeraient fonder une nouvelle organisation pour gérer le programme.

Avantages:

  • Le Banga circulera dans le bidonville même quand ils n'auront pas de Shillings kenyans.
  • Cela peut contribuer à stabiliser le bidonville pendant les saisons difficiles.
  • L'implication des dispensaires et des écoles aiderait beaucoup le bidonville.
  • N'importe quelle entreprise du bidonville pourra faire partie du réseau.

Construire le projet Le groupe a fait les suggestions suivantes pour les prochaines étapes :

  • Continuer ces réunions afin d'impliquer le plus grand nombre d'entreprises du bidonville en décembre. La prochaine réunion se tiendra le 6 décembre.
  • Réunir toutes les entreprises du quartier ou au moins 200 d'entre elles, le vendredi 18 janvier.
  • Décider de l'organisation du projet pendant cette méga réunion.
  • Créer une nouvelle organisation pour gérer le projet.
  • Suivre le projet de très prês.
  • Les valeurs suivantes pour les billets de Bangas : 5, 10, 20, 50.
  • Distribuer les Bangas pendant une réunion ouverte au public - y inscrire les entreprises avec leur 5 garants.

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