La Coop cycliste de Phoenix

A Phoenix, la coop des cyclistes, propose des pièces détachées, du travail, et un lieu pour devenir indépendant

 

 

Photo : Earl Morris, usager du collectif de la communauté cycliste du Rusty Spoke, travaille sur un vélo devant l’atelier, à Phoenix, le 9 mai 2018.

Thomas Hawthorne/The Republic

 

Si vous entrez au Rusty Spoke, vous y verrez une pagaille bien organisée. Des pneus usagés sont accrochés sur un mur latéral, des chambres à air empilées sur le sol et des jantes pendent du plafond, reflétant la lumière qui pénètre par une porte entrebâillée. Des bricoleurs se pressent autour d’un poste de travail, s’affairant avec des pièces de rechange et des outils, à côté de poubelles pleines de pièces de frein.

Bill McComas, bénévole depuis des lustres à l’atelier et ardent défenseur de la bicyclette, emmène tous les mois un groupe de cyclistes en balade dans Phoenix. Il fait souvent l’ouverture au Rusty Spoke, explique le règlement de la coop aux nouveaux arrivants et donne aux autres un coup de main pour les outils et les pièces.

" C’est un atelier communautaire de cycles géré par des bénévoles, nous n’avons donc pas de salariés, " dit McComas. " Nous apprenons gratuitement aux gens comment réparer des vélos, nous ne faisons pas payer nos outils ni notre matériel. "

Les jours d’affluence, le travail dans l’atelier se fait à un rythme soutenu. Les visiteurs sont enregistrés dans l’ordinateur à l’entrée et on leur donne du travail à faire. Les habitués se saluent et travaillent sur des bicyclettes. Partout dans le garage, les bruits de vélos qu’on démonte et remonte se mêlent aux conversations entre les habitués et les nouveaux. Les mains sont rapidement couvertes de graisse et de poussière.

"Nous servons la population des sans-abris," dit McComas. "La plupart de nos clients sont des gens qui n’ont pas les moyens de prendre le bus."

 

Photo : Bill McComas, bénévole du collectif de l’association Rusty Spoke à la lumière de la porte ouverte du garage atelier, le 21 mars 2018, à Phoenix.

Thomas Hawthorne/The Republic

 

Ceux qui viennent à l’atelier ne sont pas tous des sans abris. Certains viennent chercher gratuitement une compétence ou des outils pour réparer leur vélo. D’autres recherchent des pièces détachées bon marché. Mais pour beaucoup d’habitués, le Rusty Spoke est un refuge.

" Nous venons ici et, vous savez, nous y sommes traités comme des rois, " dit Douglas Sherwin, un habitué de l’atelier.

Sherwin, comme beaucoup de ceux de l’atelier, passe une grande partie de son temps à attendre à l’entrée des Services d’hébergement d’Arizona central à la 12ème avenue et la rue Jackson. Il dit que le Rusty Spoke lui sert d’exutoire.

"Ces gars sont vraiment super et ils sont prêts à vous aider pour tout," dit Sherwin. "Pas besoin de se soucier d’autre chose que de réparer son vélo. "

Ce qui se raconte de l’origine du Rusty Spoke

En demandant autour de vous à l’atelier, vous aurez du mal à déterminer l’origine du Rusty Spoke.

Un bénévole a prétendu que l’atelier se trouvait jadis sur la Grande Avenue. Un habitué se rappelait qu’il était installé dans une arrière-cour quelque part à Phoenix. Aujourd’hui l’organisation à but non lucratif 501 se trouve au coin nord est de la 9ème avenue et la rue Grant, partageant un entrepôt avec GRID Bike Share, le programme de vélos partagés de Phoenix.

McComas dit que l’objectif du Rayon Rouillé est d’enseigner aux cyclistes comment réparer leur vélo et de leur fournir un moyen de transport bon marché. Partout dans l’atelier, des bénévoles et des clients se fraient un passage parmi les rangées de bicyclettes, se passent des pièces détachées, posent des questions aux autres et travaillent sur leurs vélos.

Les clients peuvent échanger cinq heures de travail à l’atelier contre une bicyclette offerte, d’une valeur de $50.

Les bénévoles de l’atelier leur montrent comment garder leur bicyclette en bon état, aidés de nombreux habitués qui viennent pour des pièces détachées ou une révision. Le travail-échange peut aller du tri et l’étiquetage de pièces reçues en dons jusqu’au balayage du local ou même, pour les plus expérimentés, aider les autres clients à travailler sur leur vélo.

Les bicyclettes de collection ou en excellent état, qui valent plus cher, sont mises de côté et vendues grâce au bouche à oreille ou aux réseaux sociaux pour aider le Rusty Spoke à payer son loyer, dit McComas.

La satisfaction d’aider

Demandez à des bénévoles comment ils ont fini par atterrir au Rusty Spoke, ils vous donneront des réponses variées.

McComas, qui travaille dans une collectivité locale, dit que c’est son amour des cycles et un projet de restauration qui l’ont amené au collectif. Nikki Armstrong, une autre fidèle bénévole, dit qu’elle a commencé à venir au Rusty Spoke juste pour apprendre à travailler sur ses propres vélos et que l’atelier a fini par faire partie intégrante de son emploi du temps hebdomadaire.

 

Photo : Arthur Morrow, bénévole au Collectif de l’association cycliste Rusty Spoke avec sa bicyclette devant l’atelier le 9 mai 2018 à Phoenix.

Thomas Hawthorne/The Republic

 

Arthur Morrow, est devenu bénévole après avoir été lui-même un client dans le besoin. Il dit qu’il a découvert l’association par un prospectus au centre des services judiciaires. 

"J’offre mes services parce que j’aime vraiment faire ça" dit Morrow. "Il y a une grande satisfaction à aider quelqu’un à réparer son vélo. Parce qu’une fois qu’il sait comment faire, il n’est plus dépendant de personne pour le réparer. "

A l’origine, Morrow a travaillé à l’atelier pour obtenir sa propre bicyclette. Après le vol de celle-ci, il y est retourné et a découvert qu’il était capable de partager les connaissances de toute une vie de bricolage sur des vélos. Il dit qu’il est maintenant reconnu dans la rue par des visiteurs de l’atelier.

"C’est un vrai plaisir, "dit Morrow . "On ne regarde pas l’heure. Ca passe vite. "

Besoin de bénévoles et de matériel

Les ressources et le personnel étant limités, le Rusty Spoke n’ouvre que deux jours par semaine : le dimanche de midi à 15h et le mercredi de 17 à 20h.

Tous les bénévoles qui travaillent au Rusty Spoke disent qu’ils ont le plus grand besoin d’autres bénévoles ainsi que des dons de pièces de rechange.

 

Photo : des jantes de cycles accrochées au plafond. 21 avril 2018, à Phoenix.

Thomas Hawthorne/The Republic

 

"Nous recherchons quelqu’un qui veut aider la communauté et sur qui on peut compter et qui se présentera au travail à l’heure, comme promis, " dit McComas. "Il apprendra le côté vélo sur le tas. "

On peut offrir des pièces détachées de vélo ou une somme d’argent à l’atelier pendant les heures d’ouverture ou par le site web rustyspoke.org. McComas ajoute qu’ils prennent tout ce qui a rapport au vélo, que ce soit des pièces de rechange endommagées ou cassées, des outils ou un banc de montage.

"Je dis volontiers que nous sommes un petit pignon sur un grand pédalier," conclut McComas. "Nous faisons notre possible pour faire une différence."

 

Maurice Tran, un client du collectif communautaire de vélos Rusty Spoke, travaille sur une jante de bicyclette, à l'intérieur de l'atelier le 22 Avril 2018.

Thomas Hawthorne / The republic 

 

Morrow affirme que le Rusty Spoke l’a aidé à accroître sa confiance pour  trouver un emploi à plein temps. Même s’il ne peut pas consacrer autant de temps qu’avant, il dit qu’il essaie encore d’aller à l’atelier au moins une fois par semaine. 

"Un vélo, c’est l’indépendance, purement et simplement. " dit Morrow. "Beaucoup de gens ici, n’ont pas les moyens de posséder un véhicule. Donc ça leur donne la possibilité d’aller à des rendez-vous, aux endroits qu’ils veulent et de s’échapper du quotidien. "

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Source : Thomas Hawthorne The Arizona Republic  /  Publié le 31 Mai 2018 voir Ici

Traduit par Pascale Dey

Remarque: Le nom du magasin Rusty Spoke en traduction littérale veut dire Rayon Rouillé.

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