Groupes de partage en Malaysie

 

Des jardins partagés à la collecte d’invendus, quelques exemples de groupes de partage en Malaysie

par Shamil Norshidi (Kuala Lumpur, Malaysia)
Dans son livre “La Troisième Révolution Industrielle”, le sociologue Jeremy Rifkin signale que les nations en développement sont les mieux armées pour aller vers une économie collaborative de partage. « Mon impression est que les pays en développement peuvent passer plus vite à cette nouvelle ère économique en s’immergeant directement dans cette infrastructure à cinq piliers, parce que, dans de nombreux cas, ils manquent complètement d’infrastructures » a confié Rifkin à Forbes. Cela peut être partiellement vrai, mais les défis auxquels sont confrontés certains pays en développement peuvent être d’encore plus grande ampleur car les retours sur les investissements datant de dizaines d’années n’ont pas encore nécessairement porté pleinement leurs fruits. Cependant, ce que nous constatons maintenant, c’est que ce mouvement vers l’économie de partage – particulièrement celle qui est fondée sur le vrai partage de ressources – est en train de se construire d’une multitude de manières, depuis les associations dirigées par la population jusqu’aux entreprises sociales. En voici quelques exemples.

1. Kebun-Kebun Bangsar
Kebun-Kebun, mot malais signifiant jardins, est un jardin communautaire situé au cœur de la capitale Kuala Lumpur. Le jardin, d’une superficie de 3,5 hectares avait été laissé en friche à cause du cadre peu attrayant avec vue sur des pylones électriques. Mais le fondateur Ng Seksan a lutté pour obtenir le terrain, tenant bon pendant quatre ans de paperasses administratives avec les collectivités locales. Depuis sa création en 2017, il y a eu abondance de bénévoles pour Kebun-Kebun. Les structures en bois qui entourent le jardin ont été conçues par des étudiants en art de l’Université Taylor toute proche. Malgré les critiques des voisins qui craignaient tout d’abord que le jardin ne déstabilise la pente et ne provoque des coulées de boue, l’opinion s’est par la suite avérée favorable.  Pour Seksan, l’ensemble de la démarche allait bien plus loin que du jardinage collectif, c’était  la  création d’une expérience partagée où des Malaysiens victimes d’une ségrégation fondée sur la technologie et les murs en béton pourraient se rencontrer.

2.  Zéro Déchet Malaysia
Zéro Déchet Malaysie est autant un mouvement qui touche au mode de vie qu’une véritable institution. Selon sa fondatrice, Aurora Tin, le groupe vise à promouvoir l’idée d’un mode de vie qui ne génère pas de déchets. Sur internet comme ailleurs, le groupe organise des ateliers et des forums dont l’objectif est de promouvoir la vie sans déchets. Ses membres travaillent en étroite collaboration avec des écoles, des collectivités locales et des leaders d’opinion locaux. Le groupe a développé également la première carte zéro-déchet d’Asie, avec la liste de 400 entreprises et organisations fournissant des services ou des produits qui ne génèrent pas ou peu de déchets. Le projet a démarré quand Aurora s’est mise à expérimenter elle-même le zéro-déchet au début de 2016. Depuis lors, le développement du  groupe représente une puissante force bénéfique de 19 000 membres. « La croissance de ce groupe nous rappelle que les Malaysiens sont prêts à changer, que les gens cherchent de meilleures solutions pour réduire leur impact personnel sur l’environnement, » dit Aurora.

3. Eats, Shoots & Roots
Fondée in 2012, Eats , Shoots & Roots* est une entreprise sociale et solidaire dont le but est de rendre les gens capables de cultiver leurs propres fruits et légumes. Eats , Shoots & Roots  s’est spécialisée dans les jardins potagers, les programmes d’entretien de jardin et les produits verts pour les petites et grandes collectivités. Le cœur de cette initiative est la « permaculture », une agriculture qui n’utilise ni produits chimiques, ni pesticides ni fertilisants. Le sol utilisé est fait de matériaux organiques selon le principe que « la nature prend soin de la nature ». Le quartier général de Petaling Jaya en est une illustration, dans lequel chaque cm2 du jardin porte des plantes en pots et des légumes vivaces. Depuis 2012, Eats, Shoots & Roots est réputée pour ses ateliers et ses boites de graines de variétés différentes à emporter chez soi.

*Eats, Shoots & Roots est inspiré du titre d’un best-seller humoristique écrit par Lynne Truss en 2003  sur le mauvais usage de la ponctuation (Eats, Shoots & Leaves). Il ne devrait pas y avoir de virgule après Eats. (Note de la traductrice)

4. Le projet Nourriture Perdue

Le Projet Nourriture Perdue est la force cachée de la ville de Kuala Lumpur. Tous les mardis et jeudis, des bénévoles se déplacent jusque dans les complexes commerciaux de Kuala Lumpur pour collecter du pain, des fruits frais et des produits alimentaires invendus qui, sinon, seraient jetés, puis distribuent ces denrées nutritives aux personnes dans le besoin. Depuis sa création en 2016, ce projet a réussi à transmettre plus d’un million et demi de repas aux populations en difficulté, simplement en ayant établi des conventions entre les supermarchés et des organisations telles que l’orphelinat du Phare, la soupe populaire Kechara, l’organisation d’aide pour les femmes, l’institut de recherche sociale de Malaysie et l’alliance des réfugiés Chin. Les bénévoles du Projet Nourriture Perdue se sont vite rendu compte que la majorité des aliments jetés étaient des fruits et des légumes, source de nutriments au prix trop élevé pour les soupes populaires. Le programme s’est maintenant tellement développé que les responsables ont besoin d’un entrepôt pour stocker toute l nourriture avant les livraisons.

Source:
https://www.shareable.net/blog/from-community-gardens-to-coworking-spaces-here-are-7-sharing-groups-in-Malaysia

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