COOPERATIVE D’ANCIENS DETENUS A WASHINGTON DC

Traduit d’après un article de  Cat Johnson du 31 janvier 2017,

publié par https://www.shareable.net/blog/this-co-op-gives-formerly-incarcerated-people-jobs-and-community

Après 14 ans d’incarcération, dont sept passés à l’isolement, Juan Reid, incapable de trouver un travail stable, s’est retrouvé à dormir dans une camionnette et à se débattre contre les fins de mois difficiles, la tentation de la drogue et les traumatismes de l’enfance. Comme Reid le dit lui-même, il ”était sur la mauvaise pente. ”
“je n’étais pas loin de retourner en prison” dit Reid “Pas de loyer à payer, trois repas par jour apportés dans ma cellule, comme le room-service à l’hôtel. Cette vie était finalement plus facile pour moi. ”

C’est quand il a rencontré Allison Basile, qui cherchait à créer Coop DC , un réseau de coopératives à Washington D.C. que sa vie a changé. Basile a initié à Reid au concept des coopératives de travailleurs. Ensemble, ils ont créé Tightshift Laboring Cooperative , une coopérative de services de nettoyage et d’aménagements paysagers appartenant aux travailleurs.
 
Tightshift donne du travail à des anciens détenus et à des individus à risque. Grâce à cette structure, Reid et Basile ont pour objectif de promouvoir le mouvement local coopératif ouvrier afin d’aider les gens à changer de vie. La coop est composée d’une équipe de neuf coopérateurs qui gagnent un minimum de $13.50 de l’heure. Après la période d’apprentissage, le salaire passe à $17 minimum de l’heure. A la fin de l’année fiscale, les profits sont partagés entre tous, au prorata des heures travaillées. Le groupe prend les décisions collectivement, chaque coopérateur détenant une voix.

"Quand tu dis à quelqu’un que sa voix compte, ça veut dire beaucoup” , dit Juan Reid.

 Dans le passé, Reid sillonnait les rues pour dealer de la drogue. Il les fréquente maintenant pour inviter les gens à rejoindre le mouvement coopératif. Il parle avec enthousiasme du potentiel des coopératives à transformer la vie dans les communautés en apportant des ressources financières. Tightshift donne également aux gens des droits et une communauté qui les soutient – ce que beaucoup, y compris Reid,  n’ont pas eu en grandissant.
 
"Quand tu dis à quelqu’un que sa voix compte, ça veut dire beaucoup”, dit Juan Reid. "Je n’avais personne pour me dire que j’y arriverais et qui le pensait vraiment. "

Quand on l’interroge sur ce qui est au coeur de la coop, Reid répond, “ En finir avec l’esclavage – et ceci avec un groupe de marginaux privés de leurs droits fondamentaux. Très honnêtement, si après avoir payé votre loyer et l’électricité, vous êtes complètement à sec, c’est que vous avez une paye d’esclave. Si vous n’avez vraiment rien, si vous n’arrivez pas à joindre les deux bouts entre les feuilles de paye, vous êtes un esclave qui enrichit la personne pour qui vous bossez."
 
C’est une voie différente qu’a choisi Reid avec Tightshift, en témoignant "de l’amour et de la loyauté” aux coopérateurs. Tightshift cherche aussi à tendre la main aux jeunes pour leur montrer qu’ils ont des possibilités.

Les partenaires de Tightshift ont un poids égal dans les décisions. Une personne, une voix.
 
 
Un des plus gros défis qui se présente actuellement pour Tightshift, c’est "d’arriver à faire quitter le mode survie aux gars. " Il dit qu’il doit retenir l’attention de coopérateurs potentiels assez longtemps pour qu’ils voient les résultats de la coop. Il donne parfois de l’argent à quelqu’un qui ne peut pas payer ses factures pour obtenir qu’il assiste à une réunion.

" Je ramasse des gamins dans la rue,” dit Reid. Il n’y a pas d’entretien en costard cravate ni de  piston pour les placer. Je vais trouver le gars au coin de la rue et je lui dis, ‘Tu veux changer ta vie? Viens, j’ai ce qu’il te faut. '"

Par Tightshift et le mouvement des coopératives, Reid a l’espoir d’inspirer et de rendre aux gens leur dignité et ceux-ci pourront alors en éduquer d’autres au mouvement des coopératives de travailleurs.
 
"Quand ils changent de vie, ils deviennent des meneurs," dit il. "Il faut construire un mouvement pour les meneurs. Nous allons donc transformer le look du mouvement – créé principalement par des personnes qui retournent à la vie citoyenne - et mettre en valeur sa prospérité et ses aspects positifs. "

Photos fournies par Tightshift

 

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