A Vancouver, des containers transformés en outilthèques nouvelle formule

A Vancouver, des containers transformés en outilthèques nouvelle formule

Résilience

Au printemps prochain, les habitants de Vancouver trouveront peut-être que la location de matériel de camping sera aussi facile que l’emprunt d’un livre à la bibliothèque. Le projet “La Choserie”, Thingery project, est une initiative lancée par le fondateur de l’outilthèque de Vancouver, Chris Diplock. Le premier projet pilote de la Choserie a été mené pendant l’été 2016. Au cours des mois suivants, Diplock a conclu des accords avec la ville de Vancouver, avec une coopérative locale de crédit et diverses associations de quartier pour faire vivre le concept.

Une Choserie, selon le site web du projet, est une librairie d’objets en self-service, organisée en coopérative, logée dans un container de transport aménagé. Les objets, par exemple des outils, des équipements sportifs ou du matériel de cuisine, sont des dons ou des achats collectifs effectués par les membres de la Choserie. Les emprunteurs réservent les outils en ligne et les récupèrent grâce à un système de code d’accès. Les membres paient une seule fois une participation de $50 et ensuite une cotisation annuelle de $29 pour avoir accès à une multitude d’outils. Il faut aussi ajouter une somme modique pour emprunter certains outils mais la plupart sont gratuits.

Un des objectifs de Diplock était de reprendre le concept de l’outilthèque qu’il avait créée en 2011 dans davantage de quartiers de Vancouver. Dans une ville aussi étendue, se rendre jusqu’à un site unique d’outilthèque n’est pas faisable pour de nombreux Vancouverois. « Nous voulions avoir une sorte d’outilthèque à l’échelle d’une bibliothèque de prêt, avec de nombreuses filiales mais notre outilthèque ne pouvait pas atteindre cette envergure,» dit Diplock. « Ce que nous voulons faire, c’est mettre [ces structures semblables aux outilthèques ] directement dans les quartiers et en libre-service. » Diplock dit que le niveau d’adhésion suscité parmi les habitants a été un puissant facteur de motivation. « Nous nous réjouissons de soulever tant d’intérêt dans la population. » Il dit qu’il est encore trop tôt pour établir un profil détaillé des utilisateurs actuels et potentiels. « Nous n’avons pas encore un réel aperçu de qui sont nos emprunteurs mais nous nous attendons à une grande variété, étant donné le problème du manque d’espace pour beaucoup de gens qui vivent dans d’assez petits appartements et copropriétés. Ils n’ont donc pas envie de posséder des équipements qui prendraient de la place. »

La première « Choserie » a ouvert le 2 décembre à New Westminster. Quatre autres lieux dans l’agglomération de Vancouver sont en chantier, avec l’ouverture prévue début 2018. Chaque Choserie appartient à une coopérative de quartier autogérée qui organise aussi les dons et les achats groupés. Julia Hulbert, administratrice de la Choserie Kitsilano, supervise cette Choserie dont l’ouverture est prévue en février de l’année prochaine à Kitsilano près du centre de Vancouver.

« Il n’y a pas d’endroit à Kitsilano où on peut juste louer des outils ou du matériel de camping et il existe un vrai besoin. On a des étudiants, de jeunes familles et d’autres personnes vivant dans de petits appartements qui n’ont tout simplement pas de place pour un filet de volley-ball ou un réchaud de camping » dit Julia Hulbert. Julia, étudiante en 2ème cycle d’urbanisme. L’utilité de la Choserie ne se limite pas à fournir aux familles des locations de matériel de camping. « C’était un truc sur lequel je suis tombée par hasard sur Facebook et j’ai trouvé le principe vraiment génial, dit-elle. Ce qui m’a attirée, c’était l’idée de me constituer mon propre groupe à Vancouver. L’économie participative offre énormément de potentiel pour rassembler des gens et les aider à créer de nouveaux liens personnels et communautaires. »

Julia Hulbert et ses collègues du conseil d’administration espèrent organiser des évènements de voisinage réguliers à la Choserie et aux alentours. Un nettoyage de la plage est prévu au début du printemps pour motiver les troupes et d’autres évènements sont programmés. « Dans quelques années, j’adorerais que la Choserie Kitsilano atteigne 500 adhérents et qu’elle organise de super programmes dans le voisinage et de solides partenariats avec des groupes locaux. » dit-elle. « Je peux imaginer que le concept se répande dans tout le Canada comme un moyen de rendre l’économie locale de partage aux quartiers. » « Une fois que nous aurons démarré, j’espère emprunter un jeu de pétanque et une paire de raquettes à neige, » ajoute t-elle. « Pour adhérer à la Choserie, ça coûte $50 une fois pour toutes plus $29 par an. Et une paire de raquettes neuves, qui coûte environ $150, peut être louée plusieurs fois par an. C’est vraiment facile de récupérer son investissement. C’est génial aussi de pouvoir emprunter un matériel de grande qualité plutôt que rogner sur les dépenses et de se retrouver avec un matériel qui va vite se détériorer. »

Diplock et Hulbert aimeraient voir le concept s’étendre à toute la région et éventuellement encore plus loin. Diplock dit qu’il a déjà entendu des gens intéressés par l’installation de Choseries à l’extérieur de Vancouver, particulièrement dans les communautés de communes des alentours et en Alberta. « C’est formidable de savoir que nous sommes en train de construire quelque chose d’adaptable aux communautés locales, » dit il. Il encourage les personnes qui seraient intéressées par l’installation de leur propre Choserie locale d’entrer en contact par l’intermédiaire du site web. « Si ça peut marcher ici à Vancouver, ça peut marcher presque partout.

Par Ruby Irene Pratka, republié d’après Shareable, 10 janvier 2018 - traduit par pascale Dey

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